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الثلاثاء، 14 جويلية 2026

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Entre Mali et Algérie, retour au réel. Et au bon sens

Entre Mali et Algérie, retour au réel. Et au bon sens

 

Abed Charef

 

Une parenthèse s’est fermée dans les relations algéro-maliennes. Celle d’une brouille qui a abouti à une quasi-rupture de près de quinze mois, durant lesquels le Mali a failli basculer dans l’irréparable.

Vendredi 10 juillet, les deux pays ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs respectifs et l’ouverture de leur espace aérien aux avions de leur partenaire. Des mesures concrètes, pratiques, qui indiquent un processus négocié, prudent, réaliste, en vue d’une normalisation des relations bilatérales.

Mais au-delà du factuel, ce qui est frappant, c’est que ces crises, cycliques, se répètent indéfiniment, selon un processus routinier, même si elles n’atteignent pas toujours le même degré de gravité. Comme si les dirigeants maliens avaient besoin, à chaque crise, de foncer contre le mur avant de prendre conscience de l’impasse dans laquelle ils sont coincés, pour revenir au même point de départ, sans jamais tirer les leçons de ces échecs à répétition.

 

Assimi Goïta, une démarche assumée

Depuis la prise du pouvoir par Assimi Goïta à Bamako, la démarche malienne a été méthodique, menée par étapes, pour aller à la rupture. Sortir de l’esprit de l’accord d’Alger, dénoncer cet accord, pousser à la crise avec l’Algérie, entretenir la tension avec le voisin du nord, prendre des décisions de rupture, rechercher de nouveau alliés et des protecteurs pour contourner l’Algérie, provoquer l’incident supposé justifier la rupture, avec le drone malien abattu à la frontière algérienne le 1er avril 2015 : le parcours a été parfait.

Pour mener où?

 

Une impasse totale

Cette démarche a mené le Mali au bord du chaos. Assimi Goïta pensait que les forces russes de Wagner pouvaient lui assurer paix et stabilité. Grave erreur. Il a oublié le modèle syrien: un partenaire externe peut apporter un concours ponctuel, lié à une conjoncture précise, pour dépasser une crise interne. Il ne peut pas assurer la pérennité d’un pouvoir sans assise politique et sociale.

Mr Goïta a même tenté de se mettre sous la protection du Maroc, un geste qui apparaît comme une provocation directe contre l’Algérie. Mais c’est aussi une absurdité, si on prend en compte de nombreux facteurs concrets: la capacité réelle du Maroc à peser sur le Sahel est insignifiante; la géographie, le Maroc n’étant pas un pays frontalier avec le Mali ; et surtout, la signification stratégique de ce choix, car choisir le Maroc comme protecteur, c’est opter pour l’Alliance Maroc, Israël, France et émirats, alors que le pouvoir malien affirme précisément vouloir sortir de la tutelle française.

 

Une solution militaire impossible

Le pouvoir malien a aussi commis deux erreurs devenues d’une grande banalité. Comme c’est un pouvoir militaire, il pensait qu’une solution militaire à la crise malienne était toute indiquée. Ce n’est pas une nouveauté: de grands personnages de l’histoire se sont trompés sur ce terrain.

Il a aussi estimé qu’en évitant de résoudre des questions épineuses, celles des revendications des populations du nord ou celle de la présence de groupes jihadistes par exemple, celles-ci finiraient par être dépassées, ou disparaître. Une attitude aveugle, car un problème politique non résolu a tendance à s’aggraver pour, à terme, devenir insoluble.

 

Un front impossible

Assimi Goïta a finalement réussi à se mettre dans une situation ingérable. Les nouveaux amis russes lui ont publiquement signifié la limite de leur action; les autres nouveaux amis, marocains, ont montré qu’ils n’ont strictement rien à apporter; les jihadistes et les mouvements dissidents du nord ont trouvé une opportunité de menacer un pouvoir qui les ignore. Ils ont d’ailleurs mené deux opérations spectaculaires qui ont montré l’impuissance du pouvoir de Bamako.

Que restait-il à Assimi Goïta, face au sentiment d’impuissance né d’une crise devenue insurmontable pour le fragile état malien ? Revenir à la réalité.

 

Réalisme

Ce que Bamako retiendra de cette crise, c’est que le Mali ne peut pas prospérer sans l’Algérie, encore moins contre l’Algérie. Pour le Mali, rechercher des nouveaux partenaires et tenter de nouvelles pistes est légitime. Encore faut-il que cela ait du sens, et soit fondé sur un minimum de réalisme: compter sur des protecteurs lointains n’a de sens que si on leur offre une contrepartie convaincante. Le Mali n’a rien à offrir, et les protecteurs supposés n’ont rien à apporter non plus. Bien au contraire, ceux-ci ne peuvent apporter que le chaos.

Car la stabilité du Sahel est soumise à trop de variables que les pays de la région ne maîtrisent pas. Introduire de nouveaux acteurs, comme tente de le faire le président burkinabé Ibrahima Konaté, qui a ouvert la voie aux Israéliens, cela signifie une variable de plus, sur laquelle les pays du Sahel n’ont pas de prise. Cela finira par se retourner contre le Burkina-Faso. C’est inévitable.

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