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الاثنين، 28 سبتمبر 2026

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Extincteurs, cartes bancaires: une décision ne s’improvise pas

Extincteurs, cartes bancaires: une décision ne s’improvise pas

 

Abed Charef

 

Les Algériens se rendant à l’étranger ont été privés d’allocations voyage pendant près d’un mois et demi, nous a confié un banquier cette semaine. En cause, la mise en œuvre de la nouvelle décision concernant les procédures à suivre pour obtenir la fameuse allocation, fixée à 750 euros pour le adultes et 300 euros pour les mineurs par une décision datant de novembre 2024.

Cette suspension de fait, intervenue au moment du rush de l’été, confirme une tendance déjà observée dans la prise de décision en Algérie: l’improvisation. Des annonces sont faites sans tenir compte des modalités d’application, de la logistique à mettre en place, de l’impact économique et des délais requis pour mener à bien l’application de décisions parfois complexes.

Jusqu’à la mi-juillet, la procédure pour obtenir l’allocation voyage, mise en place depuis un an, consistait à verser de l’argent à la banque une semaine avant la date du départ, pour se voir remettre la somme en monnaie étrangère au moment de franchir la frontière.

Le côté imprévisible de la dernière décision, le manque de préparation, l’absence de débat technique sont évidents. Le 13 juillet, la Banque d’Algérie publie une note fixant les nouvelles modalités pour obtenir l’allocation voyage. A partir du 19 juillet, date de la mise en application de la nouvelle formule, il faut disposer d’une carte monétaire internationale adossée à un compte bancaire sur lequel l’allocation serait versée.

Sur le moment, seuls les personnes qui détenaient déjà des cartes, type Visa, ont pu obtenir l’allocation dans l’immédiat. Pour les autres, l’immense majorité, il fallait demander une carte dédiée, attendre qu’elle soit délivrée pour ensuite voyager, ce qui a contraint nombre d’entre eux à se rendre à l’étranger sans allocation touristique.

 

Une technicité qui ne sert à rien

Ce qui posait problème ici, c’est donc la mise en application, le 19 juillet, d’une décision complexe, annoncée à peine une semaine plus tôt. Or, il y’a des délais techniques et de procédure incompressibles pour obtenir une carte bancaire. En temps normal, les banques y répondent difficilement. Augmenter de manière aussi brutale et aussi importante la demande de cartes pousse les banques à un niveau de performance qu’elles ne peuvent atteindre.

En outre, cette décision est supposée associer le ministère des finances, la Banque d’Algérie et différentes banques commerciales. Comment un personnel d’une telle technicité peut ignorer qu’il faudra des semaines, voire des mois, pour que les cartes bancaires requises soient distribuées en quantité suffisante? Comment peuvent-il ne pas tenir compte du fait que des dizaines de milliers d’Algériens ont déjà pris leurs dispositions pour voyager en cette période de l’année, et qu’il risquent de se retrouver pénalisés?

 

Où trouver quatre millions d’extincteurs

On retrouve le même schéma dans l’application du nouveau code de la route, qui porte notamment obligation pour tout véhicule de disposer d’un extincteur. En elle-même, la décision est inutile. Elle relève d’un zèle poussant à adopter des mesures excessives pour se protéger. A quoi sert un extincteur dans un véhicule particulier banal? Aucun des principaux pays occidentaux n’impose l’extincteur à tous les véhicules automobiles. La Chine et le Japon non plus. On ne peut pourtant accuser ces pays de laxisme.

Autre fait plus troublant: il n’a pas été possible de retrouver les textes d’application concernant l’obligation d’un extincteur dans chaque véhicule. Le nouveau code de la route a été adopté le 12 mai, dans l’émotion suscitée par de nombreux accidents dramatiques, et promulgué dans le journal officiel n° 36 du 17 mai. Mais il n’a pas été possible de retrouver un texte d’application, décret ou arrêté ministériel, qui fixe les modalités pratiques de l’application de cette mesure.

Le rédacteur de la loi et le législateur ne se sont pas non plus posés une question élémentaire: où trouver près de quatre millions d’extincteurs pour équiper tous les véhicules? Comment exercer une telle pression sur la demande sans provoquer une hausse brutale des prix de ce produit, ce qui n’a pas manqué de se produire ?

 

Des effets pervers

Une décision ne vaut donc pas seulement par son contenu. Elle vaut aussi par son côté pratique, par la capacité de l’administration à l’appliquer, par l’évaluation de l’impact et des effets attendus. Elle a besoin de débats préalables, de maturation. Ce qui rend caduc, par exemple, un décret contraignant les particuliers à achever leurs constructions: comment appliquer une telle mesure? Comment ne pas voir, au moment de rédiger ce décret exécutif, son côté absurde, parce qu’il est tout simplement inapplicable ? Qui se souvient d’ailleurs de ce décret et qui cherche à l’appliquer?

Plus délicate est la question du contexte d’une prise de décision. Une des tendances récentes, popularisée par Nicolas Sarkozy, qui en a fait un mode de gestion, est de faire des annonces choc dans un moment d’émotion. Cela permet de capter l’opinion, mais le résultat est contestable.

Transposée en Algérie, la méthode a débouché sur des résultats peu évidents. Dans la foulée de l’accident du bus de Oued El-Harrach, des mesures réglementaires ont été imposées pour réglementer le transport en commun. Les décisions paraissaient légitimes, mais elle ont débouché sur l’absurde pénurie de pneus: l’Algérie est le seul pays au monde où il faut s’inscrire sur une plate-forme dédiée pour acheter deux pneus. Deux, pas plus!

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