البطولة الوطنية موبيليس (الجولة الخامسة) : شباب بلوزداد يعزز صدارته وخنشلة تتنفس الصعداء
رياضة
2026-10-12

Abed Charef
L’idée relevait du bon sens: organiser une rencontre des pays riverains du Golfe pour organiser ensemble la sécurité de la navigation dans le détroit d’Hormuz qui donne accès au Golfe. La réunion devait se tenir le 14 septembre à Mascate, capitale d’un pays devenu un centre de négociations reconnu, ayant abrité entre autres les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. Les Émirats, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, l’Irak et l’Iran et le pays hôte y étaient conviés.
Mais la réunion n’a pas eu lieu. L’Arabie Saoudite en a demandé le report, officiellement pour mieux préparer le terrain à un consensus nécessaire, mais aussi en raison des opérations menées par les Houthis contre le territoire saoudien. Auparavant, le Bahreïn, qui abrite une base américaine hébergeant le commandement de la cinquième flotte et qui apparaît comme un porte-avions américain, avait annoncé qu’il n’y participerait pas.
Les raisons officiellement invoquées pour reporter la réunion paraissent secondaires. En fait, les États-Unis n’en voulaient pas, et ils ont fait en sorte qu’elle n’ait pas lieu. Washington ne pouvait accepter l’idée d’une conférence où des pays, dont beaucoup apparaissent comme des vassaux, puissent discuter de la possibilité de gérer la navigation dans le Golfe en dehors de la vision américaine.
Divergences entre Trump et Macron
Une semaine après le report de la réunion, les présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron se retrouvaient à New-York, en marge de l’Assemblé générale des Nations-Unies, et évoquaient précisément la navigation dans le détroit d’Hormuz. Les deux hommes ont un regard divergent sur la question. Trump veut utiliser le blocus du détroit d’Hormuz pour faire plier l’Iran, tout en essayant de maintenir un minimum de navigation pour que les économies de ses vassaux du Golfe ne s’écroulent pas.
Macron, de son côté, est pris dans un engrenage opposé, avec un niveau de prix du pétrole qui pénalise l’économie française et étouffe de larges catégories de français modestes .
Trump veut gérer le détroit d’Hormuz en fonction des impératifs de la guerre qu’il mène contre l’Iran, et des élections de mi-mandat où il est annoncé perdant, alors que Macron, comme nombre d’autres dirigeants européens, tente de sauver les meubles face à une situation économique qui lui échappe, et qui risque de déraper à tout moment.
Mais Trump et Macron ont tous deux ont un point commun: leur niveau de popularité est au plus bas. Près des deux tiers des américains désapprouvent la politique de Donald Trump et seul un tiers le soutient. Macron, lui, est dans un abîme: le taux de satisfaction est de moins de vingt pour cent, contre 75 à 80 pour qui se déclarent insatisfaits.
Cela n’empêche pas les dirigeants de ces deux pays, fortement décriés chez eux, de vouloir dicter aux pays du Golfe la manière de gérer le détroit d’Hormuz, situé à plus de 5.000 kilomètres de l’un, et plus de 10.000 kilomètres de l’autre.
Une question de légitimité
Face à cette prétention, deux pays apparaissent pourtant comme les plus légitimes à gérer la navigation dans le détroit d’Hormuz: l’Iran et Oman. Sous réserve de la législation internationale qui garantit la liberté de navigation dans les détroits, ils sont les premiers concernés par le contrôle de ce passage supposé canaliser 20% de la production mondiale de pétrole.
Et quand on y regarde de plus près, l’Iran apparaît comme le premier concerné. D’abord parce c’est le pays avec la plus grande façade maritime, qui s’étend sur près de 1.500 kilomètres, de Chatt Al-Arab à la frontière avec le Pakistan, en passant par le Golfe et le détroit d’Hormuz, alors qu’en face, sept pays se partagent la façade maritime.
Ensuite parce que l’Iran est le seul pays de la région en mesure de développer une pensée stratégique cohérente.
Enfin, parce que le pays subit une guerre d’agression, et qu’il est en droit de contrôler qui passe au large de ses côtes, à un moment où attaques et activités de renseignement constituent l’essentiel de la navigation dans la région. En situation de guerre, l’Iran est en droit de considérer que tout navire passant près de ses côtes est suspect, qu’il appartienne à des pays hostiles ou non. Car pour l’Iran, contrôler Hormuz est une question de sécurité à la fois légitime et vitale.
Du reste, l’Iran n’a pas cherché à agir en solo. Il a lancé une initiative, et invité les pays de la région à s’y joindre. C’est probablement ce qu’il y’a de plus dangereux au regard des États-Unis et d’Israël: voir les pays du Golfe développer une vision autonome de leur sécurité, une option devenue nécessaire depuis que ces pays ont admis que les bases américaines non seulement ne les protègent pas, mais constituent désormais la première source de menace contre leurs sécurité.
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