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الاثنين، 28 سبتمبر 2026

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Recommandations au HCN pour une stratégie de numérisation souveraine

Recommandations au HCN pour une stratégie de numérisation  souveraine


Redha Benyamina 

Ingénieur 


L'Algérie dispose désormais d'une institution chargée de piloter sa transformation numérique. C'est une avancée. Mais une institution sans pouvoir réel sur les flux technologiques et sans mécanismes concrets de soutien à l'industrie nationale reste un organe de coordination, non un levier de souveraineté. Les recommandations qui suivent s'adressent directement au HCN, dans le cadre de ses prérogatives actuelles.

Première recommandation : instaurer un contrôle préalable des importations technologiques.

Le HCN devrait exiger que toute importation de produits ou services numériques publics ou privés passe par une procédure d'approbation. L'objectif n'est pas de bloquer, mais

de filtrer : vérifier la conformité aux lois algériennes, évaluer les risques sécuritaires, et éviter les choix arbitraires. Pour que cette procédure reste fluide, le HCN doit adopter un

système de listes : liste blanche pour les produits déjà validés, liste négative pour les interdits, et examen au cas par cas pour le reste. Sans ce filtre, la souveraineté numérique restera un slogan.

Deuxième recommandation : cartographier la technologie nationale.

Le HCN ne peut pas remplacer ce qu'il ne connaît pas. Il est donc impératif d'obliger tout produit numérique vendu en Algérie national ou importé à s'enregistrer auprès du

HCN. Cette cartographie permettra d'identifier les domaines où une alternative algérienne existe déjà. Lorsque c'est le cas, le HCN doit bloquer l'importation équivalente et orienter la demande vers le produit national. Enregistrer, c'est protéger.

Troisième recommandation : réformer l'accès au marché numérique.

L'appel d'offres, dans un secteur encore immature, pénalise les entreprises algériennes : il exige d'elles des preuves de capacité qu'elles n'ont pas encore eu l'occasion d'acquérir. Le HCN devrait plutôt identifier les besoins du marché, établir une feuille de

route claire avec des moyens de suivi, puis attribuer les marchés aux entreprises algériennes selon une procédure interne transparente, fondée sur la capacité de

réalisation et le potentiel de croissance. Condition non négociable : ces entreprises ne

peuvent en aucun cas importer un produit étranger pour livrer. Le produit doit être algérien et enregistré. Toute violation doit entraîner l'exclusion.

Quatrième recommandation : valoriser chaque produit algérien.

Un produit non certifié ne trouve pas preneur. Le HCN doit créer un label national de confiance, garantir les premiers achats publics en partageant le risque, et documenter

chaque déploiement réussi comme cas de référence. La valorisation n'est pas un supplément d'âme : c'est une condition de marché.

Recommandation complémentaire : se doter d'un secrétariat technique permanent.

Un comité qui se réunit deux fois par an ne peut ni évaluer les produits, ni suivre les feuilles de route, ni contrôler les importations. Le HCN a besoin d'une équipe technique

à plein temps. Et d'une transparence totale : toute décision d'attribution doit être publiée et justifiée. Sans cela, la protection deviendra rente.

L'Algérie n'a pas à attendre la maturité pour agir. Elle doit utiliser la régulation pour la créer. Le HCN en a l'autorité. Il lui reste à en avoir les moyens.

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