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الثلاثاء، 10 مارس 2026

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Donald Trump joue et perd !

Donald Trump joue et perd !


Lamine Chikhi 


Donald Trump fait marche arrière, une marche arrière forcée. Il vient en effet de dire dans une interview téléphonique avec CBS News (rapportée par le New York Times, Bloomberg, CBS et d’autres sources), que la guerre américano-israélienne contre l’Iran est “very complete, pretty much” (très complète, presque terminée) et que les opérations sont “very far ahead of schedule” (très en avance sur le calendrier prévu). Il avait initialement parlé d’une durée de 4-5 semaines, mais il insiste maintenant sur un avancement rapide et une fin imminente. En fait, Trump n’avait pas le choix : soit il met fin à cette guerre soit il se fait sanctionner par les électeurs américains qui n’acceptent pas une augmentation du prix de l’essence. Et avec les élections des midterm du 3 novembre prochain, les électeurs américains pourraient voter massivement pour les démocrates. Ce qui aurait pour conséquence de réduire la marge de manœuvre du président américain Donald Trump qui ne pourrait plus déclarer des guerres à tort et à travers puisque un Congrès hostile le priverait des budgets nécessaires.

Cette déclaration de Trump a fortement contribué à calmer les marchés puisque le prix du baril qui avait dépassé 115 dollars à l’ouverture des marchés ce lundi s’est replié pour tourner autour de 89 et 93 dollars le baril de Brent.

Mais cette volte-face opportuniste de Trump masque une réalité plus amère : du côté iranien, pas question de capituler. Téhéran, sous la houlette du nouveau leader suprême Mojtaba Khamenei – fils du défunt Ali Khamenei, assassiné par les frappes initiales –, se pose en victime d’une “agression non provoquée” et promet une guerre de longue haleine, jusqu’à six mois si nécessaire. Soutenu par la Garde révolutionnaire, l’Iran exclut toute diplomatie tant que la pression économique ne force pas une intervention internationale. Trump fanfaronnait d’une victoire rapide ; les Iraniens lui répondent par des missiles et une résistance farouche, exposant son bluff.

Les pays du Golfe, eux, ne cachent plus leur exaspération. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, initialement prudents via des canaux diplomatiques avec l’Iran, condamnent désormais les attaques “irresponsables” sur leurs sols – missiles sur bases US hébergées, infrastructures pétrolières endommagées. Unis au sein du Conseil de coopération du Golfe, ils se réservent le “droit de répondre” et se plaignent amèrement du manque d’avertissement américain, ainsi que d’une protection US insuffisante priorisant Israël. Trump les a entraînés dans son chaos ; maintenant, ils pourraient même rejoindre le conflit en “auto-défense”, transformant sa guerre en bourbier régional.

Quant à la Russie, elle jubile. Moscou, qui fournit de l’intelligence à l’Iran sur les cibles US, condamne Trump et Netanyahu comme “agresseurs” cherchant à “entraîner les Arabes dans une guerre plus large”. Poutine, pas neutre du tout, soutient Téhéran et propose une médiation tout en profitant des prix pétroliers gonflés – un cadeau inespéré pour son économie. Trump voulait humilier l’Iran ; il a renforcé Poutine, et a affaibli les USA sur l’échiquier mondial.

En résumé, Trump joue et perd gros. Sa guerre impulsive explose en vol, sanctionnée par les marchés, les électeurs et maintenant par un front international hostile. Les midterms s’annoncent comme un référendum sur son hubris – et l’addition sera salée. Les chinois, eux, observent les opérations militaires en cours, une sorte de travaux pratiques pour déceler les points forts et les points faibles de son adversaire américaine. Et sans verser un dollars.

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