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الأربعاء، 4 مارس 2026

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La guerre tous azimuts, un engrenage dangereux pour l’Iran

La guerre tous azimuts, un engrenage dangereux pour l’Iran

 

Abed Charef

 

Aussitôt après l’agression américano-israélienne, l’Iran s’est lancé dans une riposte tous azimuts, qui a surpris par sa diversité plus que par son ampleur. Alors qu’il souffre d’une infériorité évidente en matière de puissance de feu, dans le contrôle du ciel, dans le domaine aérien et électronique comme dans le domaine maritime, le commandement iranien a élargi le front de manière démesurée.

Ce choix l’amène à se disperser, à s’attirer l’hostilité de pays qui pouvaient ne pas lui être fondamentalement hostiles, et à pousser dans le camp adverse d’autres pays qui auraient pu rester plus ou moins neutres.

Il est difficile de dire si ce choix est le résultat d’une décision stratégique élaborée avant même le début de l’agression contre l’Iran, le 28 février, ou s’il a été décidé dans le feu de la riposte. Toujours est-il que peu après le début de la guerre, l’Iran a affirmé que «toutes les cibles militaires américaines et israéliennes dans la région du Moyen-Orient étaient désormais légitimes».

Cela signifiait que les bases et sites américains à portée de drones ou de missiles seraient visés, quel que soit leur statut, leur lieu d’implantation et la nature de la relation avec le pays hôte.

Les regards étaient braqués vers les deux sites militaires américains les plus importants, celui qui abrite le commandement de la 5ème flotte, à Bahreïn, et la base d’Al-Udeid, au Qatar, la plus importante dans la région.

 

Cibler les cibles vulnérables

Alors que les analystes s’attendaient à ce que l’Iran se concentre sur des cibles israéliennes d’abord, et des sites américains à forte portée médiatique, l’armée iranienne a attaqué des installations militaires au Koweït, aux Émirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, en Irak et en Jordanie notamment, poussant plus à l’est, jusqu’à Chypre. Car pour l’état-major iranien, un dispositif militaire est un tout complexe, dans lequel chaque élément compte, même si tous n’ont pas la même importance.

Le commandement iranien a probablement estimé que les sites militaires secondaires seraient moins protégés que les deux bases les plus importantes de la région. Mais ce qui a surpris, ce sont les attaques contre certaines installations civiles. Choix délibéré? Tirs imprécis ? Ou, hypothèse peu évoquée, actions sous fausse bannière dans certains cas précis?

En tout état de cause, le résultat semble contre-productif pour l’Iran. Les pays de la région avaient formellement affirmé leur refus de voir leur territoire utilisé dans des actions offensives contre l’Iran. Après les attaques saoudiennes contre des sites américains sur leur territoire, tous ces pays ont protesté, menaçant de mener des ripostes. Même si leur action militaire serait de peu d’impact, le fait qu’ils basculent dans le camp américano-israélien change complètement la donne.

 

Posture formelle

Pourquoi persister dans cette direction? Perte de contrôle? Difficulté de mettre à jour les directives, par nécessité de rompre le contact pour échapper au dispositif d’écoute américain? Rupture de la chaîne de commandement? Coupure des communications?

Difficile à dire. Mais pour l’Iran, l’attitude adoptée par les pays du Golfe n’est que posture formelle. En fait, il suffit de regarder une carte pour se rendre à l’évidence: pour bombarder l’Iran, un avion israélien doit traverser l’espace aérien d’un ou de plusieurs pays arabes, peut-être la Turquie avec un dispositif de ravitaillement en vol. Les avions doivent survoler la Syrie ou la Jordanie dans un premier temps, l’Arabie Saoudite ou l’Irak ensuite. Il n’y a pas d’autre itinéraire possible.

Pour les avions américains, ils bénéficient de la logistique des installations au sol implantées dans les pays arabes, le tout agissant dans un dispositif dont aucun élément ne peut être dissocié de l’ensemble.

Au-delà de ces considérations, Téhéran considère aussi que la situation de guerre impose des choix et des actes qui peuvent sortir de la norme. Ils ont présenté leurs excuses à l’avance aux pays concernés. Ce qui risque de ne pas être suffisant.

 

Maladresse diplomatique

L’attitude de l’Iran vis-à-vis de l’Europe a été tout aussi malhabile. Les principaux pays européens, snobés par Donald Trump, se sont sentis humiliés, et l’ont fait savoir. Emmanuel Macron a avoué qu’il n’avait pas été tenu au courant de l’attaque, et les dirigeants britanniques et allemands ont senti leur impuissance face à une Amérique faisant cavalier seul.

Même si c’était sans trop se faire d’illusions, l’Iran avait une carte à jouer: tenter de gagner la sympathie de l’opinion européenne, à défaut de celles de ses dirigeants. Et ménager ces dirigeants, pour ne pas leur donner d’arguments pour rejoindre leur position naturelle, celle de supplétifs des Etats-Unis et d’Israël.

Les maladresses iraniennes ont offert à ces dirigeants l’opportunité de passer dans le camp adverse. Ce qui risque de changer totalement la nature du conflit.

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