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الأربعاء، 8 جويلية 2026

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Football, géopolitique et économie: l'Allemagne en chute libre

Football, géopolitique et économie: l'Allemagne en chute libre

 

Abed Charef

 

La coupe du monde 2026 a formellement démenti Gary Lineker. La formule attribuée à l’ancien international anglais selon laquelle le football est un jeu qui se joue à onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne, a été formellement démentie cette fois.

Plus grave encore, non seulement l’Allemagne a été éliminée rapidement, mais elle a affiché un bilan et un jeu d’une pauvreté remarquée. Après une victoire contre le Curuçao, un pays dont la population représente un quart de celle de la wilaya de Aïn-Defla, un succès poussif face à la Côte d’Ivoire, la Mannchaft a été battue par des équipes sud-américaines de seconde, et même de troisième zone, l’Équateur et le Paraguay.

Mais les Allemands se consoleraient bien de ces déconvenues sportives si leur pays tenait son rang dans d’autres domaines. Ce qui est loin d’être le cas, notamment sur le plan économique et géopolitique où l’Allemagne semble avoir perdu le contrôle.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Allemagne semble avoir abdiqué. Comme si elle avait renoncé à toute forme de souveraineté et de puissance. S’alignant sur une ligne dure imposée par les Etats-Unis, Berlin a progressivement perdu toute possibilité d’agir, y compris pour défendre ses propres intérêts.

 

Les quatre piliers du leadership allemand

Le résultat est sans nuances, et montre une Allemagne en chute libre alors qu’elle avait la prétention d’être le leader incontesté de l’Europe. Depuis le tournant du siècle, grâce à des mesures introduites par Gerhard Schroder et à un leadership mené par Angela Merkel, l’Allemagne était devenu le moteur économique de l’Europe, transformant les anciens pays de l’est et ceux du nord en un vaste espace économique dépendant d’elle, reléguant le autres concurrents européens, France et Grande Bretagne notamment, à un second rôle. C’est l’Allemagne qui dictait la politique économique et financière de l’Europe, et de là, la relation de l’Europe avec le reste du monde.

Les analystes s’accordaient pour dire que le succès allemand s’appuyait sur quatre piliers essentiels: une sécurité assurée par les Etats-Unis; des marchés, notamment chinois, ouverts et accessibles; un savoir-faire industriel allemand reconnu; et une énergie à bas prix provenant de la Russie.

La guerre en Ukraine a totalement changé la donne. Les Etats-Unis ont imposé le blocus sur le gaz et les pétrole russes pour les remplacer partiellement par du GNL américain beaucoup plus cher. Du coup, l’industrie allemande a perdu de sa compétitivité, et des pans entiers de l’industrie ont ressenti les effets. La croissance est restée nulle ou négative pendant près de deux années de suite, en 2023 et 2024.

La chute de la performance économique a mécaniquement provoqué une perte d’influence, aggravée par l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. En réduisant son aide à l’Ukraine, une aide désormais payée par les Européens, celui-ci a rappelé aux Allemands leur dépendance stratégique en matière de défense, tout en les poussant à augmenter considérablement leur budget militaire en période de disette économique.

 

Une mécanique infernale

L’équation est simple: pas d’énergie russe à bas prix, perte de compétitivité, perte d’influence économique et financière, perte de leadership. C’est un engrenage infernal accéléré et aggravé par l’absence de dirigeants d’envergure. Au final, l’Allemagne peine à exister au niveau international.

Les récents développement de l’affaire North Stream confirment à quel point l’Allemagne est devenue insignifiante. Près de trois ans et demi après les faits, un officier ukrainien a été inculpé par la justice allemande pour «crime de guerre» et «sabotage» pour avoir dirigé l’opération contre le gazoduc.

Alors que la polémique fait rage sur les causes de ce revirement allemand bien tardif, la question n’est pas de savoir pourquoi les allemands ont fait volte-face et s’ils se préparent à lâcher l’Ukraine, mais de savoir quelle crédibilité peuvent encore afficher les services de renseignement allemands, les hommes politiques allemands et les institutions de ce pays, après avoir fait preuve d’autant de faiblesse face à l’Ukraine.

La faillite allemande sur ces terrains est bien plus inquiétante pour l’Allemagne que la défaite contre le Paraguay.

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