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الاثنين، 14 سبتمبر 2026

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Israël allume la mèche et quitte le champ de bataille

Israël allume la mèche et quitte le champ de bataille


Abed Charef


Non, ce n’est pas une caricature, mais des faits bien réels: Israël a déclenché une guerre, puis, en constatant l’ampleur des pertes subies, s’en est retiré pour laisser les autres s’entre-tuer. Et les principales victimes sont, comme souvent, des musulmans ou des arabes.

Pendant trois mois, entre le 8 juin et le 10 septembre, la guerre contre l’Iran a subi une désescalade notable, mais elle n’a pas vraiment cessé. Il n’y a pas eu d’accord pour mettre fin définitivement à la guerre, le détroit d’Hormuz est officiellement sous double embargo, la tension demeure forte dans la région, et une nouvelle escalade était redoutée. Mais Israël ne participe plus à la guerre contre l’Iran, un fait étrangement passé sous silence.

En fait, selon les informations disponibles, Israël ne participe pratiquement plus aux attaques contre l’Iran depuis fin mars. La guerre est désormais du seul fait des États-Unis.

La raison de ce retrait est évidente. En riposte aux attaques israélo-américaines, l’Iran a frappé si fort et provoqué tellement de dégâts que les israéliens ont été contraints d’abandonner la partie. Les pertes et les dégâts étaient trop élevés. Pour la première fois, les dirigeants israéliens se sont retrouvés face à un adversaire capable de rendre coup pour coup, avec une puissance et une régularité inattendues.

Sur le plan strictement militaire, cela ne fait pas de l’Iran le vainqueur de cette guerre. Mais Téhéran a fait preuve d’une maîtrise remarquable. En élargissant le champ de la guerre au terrain économique, et en attaquant toutes les cibles à sa portée, Téhéran a renversé la vapeur. Ses missiles et ses drones ont touché toutes les bases qui servaient de relais ou de logistique à ses adversaires, sans compter la profondeur du territoire israélien.


Nouvelles victimes

La guerre a ainsi changé de contenu une nouvelle fois. C’est désormais une guerre des États-Unis contre l’Iran. Elle a pour théâtre le territoire iranien, le détroit d’Hormuz, et les bases américaines des pays arabes de la région. Avec deux victimes collatérales, les pays arabes du Golfe et l’économie mondiale.

Les pays les plus déstabilisés sont les pays du Golfe, qui voient leurs exportations de pétrole fortement perturbées, leur modèle économique remis en cause, leur sécurité sérieusement ébranlée, et qui mettront des années à retrouver la sérénité nécessaire au climat des affaires dans lequel ils baignaient.

L’Arabie Saoudite, plus gros exportateur mondial de pétrole, se trouve à son tour prise dans le tourbillon de la guerre. Sa production et ses réseaux d’exportation sont menacés, ternissant l’image qu’elle a toujours réussi à entretenir, celle d’une source d’approvisionnement sûre .


Changement de narratif 

On est loin, très loin, du narratif entretenu au début de l’agression contre l’Iran. Un narratif exposé notamment à travers un fameux article du New-York Times qui expliquait comment Donald Trump, hésitant, avait réuni les principaux dirigeants américains avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour décider de la guerre.

L’idée dominante jusque-là, c’est que l’état-major israélien était décidé à attaquer l’Iran, qu’il attendait la bonne opportunité, qu’il souhaitait une participation américaine, et qu’il mènerait l’attaque seul s’il le fallait. Il était même question de pressions américaines pour dissuader Israël de se lancer dans la guerre.

Le plan consistait à assassiner des dirigeants pour «décapiter» le régime iranien, susciter une révolte des kurdes, pousser la population à se soulever, et obtenir rapidement la fin du régime.

Malgré les hésitations de son équipe, de son vice-président JD Vance notamment, Trump aurait accepté de se joindre à l’agression. Sept mois plus tard, Israël s’est retiré de la guerre, laissant Trump seul la mener, et obtenant un résultat inattendu: une possible extension de la guerre vers les pays arabes de la région. C’est tout l’art d’allumer la mèche, de mettre le feu, avant de se retirer du champ de bataille.

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