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أخبار
2026-04-12

Abed Charef
Au moment où Américains et iraniens se rendaient à Islamabad pour valider le cessez-le-feu et engager des négociations, une information faisait le tour du monde: des navires américains auraient emprunté le détroit d’Hormouz pour y mener une opération de déminage.
L’information reprend parfaitement les standards de la communication occidentale traditionnelle. Les méchants iraniens auraient placé des mines dans le détroit qu’ils ont par ailleurs bloqué; ils en auraient même placé de grandes quantités, et nombres de ces mines auraient dérivé, échappant à tout contrôle.
Au final, non seulement les méchants iraniens seraient en train de terroriser le monde, d’étouffer l’économie mondiale et de prendre en otage les pays de la région, mais en plus, ils perdent le contrôle de leur propre système militaire.
Heureusement que, de l’autre côté, la vertueuse armée américaine va faire le sale boulot: déminer le détroit, ouvrir le canal, rétablir la liberté de navigation et œuvrer à la prospérité de l’humanité.
Dans ce tableau, il Il y’a un détail qui ne colle pas. Aucun officiel iranien n’a parlé de recours à ces mines. Les seuls iraniens à avoir évoqué le sujet ont démenti. C’est donc une information de production purement américaine, destinée à alimenter la scène médiatique, à servir d’arrière-plan aux négociations qui étaient supposées commencer à Islamabad. Et les commentateurs de plateau ne se sont pas privés. Devenus spécialistes des mines du jour au lendemain, ils ont péroré à longueur de journée sur le modèles de mines, les risques encourus, les moyens de les neutraliser, la vulnérabilité des tankers, l’attitude des compagnies d’assurance, etc.
Céer un climat
Comment un partenaire qui travaille aussi méthodiquement à polluer le climat peut prétendre aller à des négociations sérieuses?
En fait, le déplacement de M. Vance à Islambad faisait partie du nouveau spectacle, celui sur lequel les américains avaient mis le paquet. Les américains avaient tiré le rideau sur le premier acte, ils passaient à autre chose.
Pourquoi ce changement?
Les Américains ont admis l’impasse dans laquelle la guerre les avait menés, et ont abouti à la nécessité de changer de démarche pour en sortir. Ils mettent à la marge les négociateurs précédents, le promoteur immobilier Steve Witkoff et le gendre Jared Kuschner, considérés comme des amateurs, et intronisent comme négociateur en chef le vice-président JD Vance, hostile à l’idée de guerre mais fidèle du président Trump.
Une opération de haut niveau avait permis de replacer M. Vance au coeur du jeu. Discret jusque-là, hostile à la guerre mais discipliné, il avait évité de s’exposer pendant la période la plus trouble. Il peut dès lors constituer un recours lorsque le pays reviendra aux choses sérieuses.
Le narratif qui s’était imposé jusque-là assurait que le président Trump avait été berné par Netanyahou, qui l’aurait habilement entraîné dans la guerre. Aucune trace de l’affaire Epstein dans la décision sur la guerre, ni des lobbies sionistes et évangéliques. Juste un dirigeant israélien qui s’est montré très persuasif, face à des responsables américains (ministres des affaires étrangères, de la guerre, chef d’état-major, chef de la CIA), qui n’ont pas le cran de contrarier Trump, selon un article du New-York Times qui a défrayé la chronique.
Vance, le sauveur
JD Vance n’a pas été pris au piège. Il a eu une attitude différente. Il est plus fidèle aux promesses initiales anti-guerre de Trump et de sa base électorale, elle aussi hostile aux aventurières guerrières. Avec cette image, M. Vance se donne un rôle crucial à jouer dans la prochaine étape.
On tourne donc la page de cette première phase, ratée, de la guerre, on passe aux choses sérieuses, où M. Vance prend la main pour rétablir l’ordre naturel des choses et assurer le triomphe de l’Amérique. Il est donc en première ligne à Islamabad dès le lendemain du cessez-le-feu convenu grâce à la médiation du premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Mais après une journée de pourparlers indirects, en fait un simple tour de table préliminaire, l’évidence saute aux yeux. Elle se résume en trois points.
Le premier est de donner une coloration moins dégradante à l’impasse américaine. Aller à un cessez-le-feu, faire traîner les choses, créer une situation nouvelle, virer un ministre ou deux, peut-être même imposer un autre sujet dans l’actualité internationale, tout ceci peut atténuer cette image de l’impuissance américaine.
Le second point rappelle qu’en face, il y’a un Iran durement touché, mais resté debout. Et l’Iran a des revendications, fermes, cohérentes, solides. Impossible de les ignorer.
Le troisième est d’ordre stratégique: M. Vance veut sortir de l’urgence, penser le long terme. Cela signifie éviter la déroute annoncée aux élections de novembre prochain, et ne pas hypothéquer ses chances à la présidentielle dans deux ans, pour laquelle JD Vance est le candidat naturel des républicain.
Tout ceci amène à une conclusion: rien ne pouvait être décidé lors de ce premier jour des négociations à Islamabad car les Américains ont besoin d’abord de remettre de l’ordre chez eux, alors que les Iraniens, sous pression, savent exactement où ils veulent aller.
Les pourparlers n’avaient donc pas pour objectif de parvenir à un accord, mais de préparer le terrain, atténuer la pression et créer un autre climat, d’autres conditions de négociations.
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