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الأربعاء، 8 أفريل 2026

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Les riches pays du Golfe, premiers perdants de la guerre contre l'Iran

Les riches pays du Golfe, premiers perdants de la guerre contre l'Iran

 

Abed Charef

 

Ils vendaient du rêve. Ils étaient devenus le symbole d’un monde nouveau, riche, opulent, branché, bling bling. Ils faisaient pousser des palais dans le désert, des îles au milieu de l’océan, des stations de ski au milieu des dunes de sable et des plages prisées en plein hiver.

Grâce à une formidable manne financière issue des pétrodollars, les pays du Golfe étaient devenus une destination incontournable et une véritavle attraction. Stars et influenceurs s’y bousculent, profitant du luxe, de la sécurité, de l’absence de taxes, et de l’explosion du commerce qui ruisselle sur toute la région.

Le Qatar, avec sa chaîne Al-Jazeera, s’est placé comme un centre de rayonnement diplomatique et culturel. Les Emirats, avec l’attraction Dubaï, a choisi de devenir un centre d’activisme diplomatique pro-israélien doublé d’une place financière et commerciale de premier plan. L’Arabie Saoudite, avec son nouveau maître MBS, s’est lancée dans des projets pharaoniques et un soft-power remarqué, attirant les meilleurs footballeurs du monde.

Ce monde, exotique et conciliant, était d’autant plus admis dans la bonne société internationale qu’il n’hésitait pas à mettre la main à la poche pour financer les clubs de foot ou offrir des cadeaux à Donald Trump. Le tableau était parfait.

 

Trump casse le tableau

Et puis, tout a explosé le 28 février 2026, avec l’agression américano-israélienne contre l’Iran. Les pays du Golfe sont apparus alors pour ce qu’ils sont: des bases militaires, des centres d’écoute, des installations d’espionnage, des aéroports pour faire décoller des bombardiers et des avions ravitailleurs américains, des radars surveillant le ciel de toute la région.

Le fringant Qatar abrite la plus grande base américaine de la région, siège de l’US Air Forces Central Command, d’où sont coordonnées les opérations au Moyen-Orient et en Asie centrale. Le discret Bahreïn abrite le commandement de la cinquième flotte. Aux Emirats, au Koweït, en Arabie Saoudite, en Irak, partout où un soldat se réveille, un avion décolle, une formation militaire se déploie, ils sont sous la surveillance des yeux et des oreilles américains installés dans la région.

Le monde pensait que ces pays prospéraient sous la protection américaine. Il découvre brutalement que ce modèle a été mis en place pour servir d’arrière plan au déploiement de la force américaine chargée de protéger deux objectifs, et deux seulement: Israël et le pétrole.

 

Vulnérabilité extrême

C’est alors que les pays du Golfe ont brutalement découvert leur extrême vulnérabilité. Ce sont en effet des pays ayant une masse démographique modeste, avec souvent des États à implantation récente, des institutions de type clanique ou familiale élargie. Le mot démocratie est encore un concept inconnu, même si le Koweït semble plus avancé que les autres sur ce terrain.

Le potentiel militaire de ces pays est très limité, ce qui les a poussés à confier leur sécurité aux Etats-Unis. C’était supposé être la meilleure garantie possible: être protégé par la première puissance militaire au monde. Ils découvrent que cette puissance supposée les protéger a d’autres priorités, incompatibles avec ce qu’ils attendaient d’elle.

Certains d’entre eux ont beaucoup dépensé dans l’achat d’armes, mais cela ne fait pas une armée.

En se déchargeant de la question de la sécurité sur les Etats-Unis, certains d’entre eux faisaient preuve d’un activisme remarqué, voire de bellicisme, dans de lointaines contrées, au Yémen, au Soudan, en Libye et même au Sahel. Ils se rendent compte aujourd’hui qu’ils ne maîtrisent pas les événements dans leur propre jardin.

 

Washington a d’autres priorités

Certes, sur un plan strictement comptable, c’est l’Iran qui subit le plus de pertes, humaines et matérielles. Mais l’Iran est un pays qui s’assume.

Pour les autres pays du Golfe, le réveil est brutal. Ils découvrent d’abord que non seulement les Etats-Unis ne peuvent les protéger, mais que pour Washington, cette question est secondaire. Ce qui prime, c’est Israël et le pétrole.

Ces pays font également le constat de la fragilité de leur prospérité. A l’image des immeubles clinquants qui peuplent les côtes de la région, il suffit d’une pierre pour briser toutes les vitres.

Pire encore. Ils n’étaient même pas officiellement impliqués dans la guerre. Ils sont victimes d’un conflit par ricochet, qui se retrouvent avec des dégâts considérables. Des dommages collatéraux qu’ils mettront des années, peut-être des décennies à réparer.

L’activité économique mettra du temps à se relever. L’argent a besoin de confiance, d’apaisement, de stabilité. En outre, il sera encore plus difficile de restaurer l’image qu’avaient ces pays avant la guerre.

Mais l’évolution la plus intéressante sera celle à attendre sur le plan défense et sécurité. Ces pays vont-ils opérer un virage, pour étudier d’autres pistes? Difficile à imaginer pour des pays aussi fragiles, aussi vulnérables. Pourtant, une évidence s’impose à eux: la présence de bases américaines, supposée leur garantir sécurité et stabilité, a été la cause essentielle de leurs tourments.

Être indépendant, c’est pouvoir tirer les conclusions d’un fiasco pareil.

Mais tirer les leçons de cette mésaventure semble trop périlleux pour les pays du Golfe.

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