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أخبار
2026-04-06

رأي من الحراك
2026-04-06
Abed Charef
Après l’agression américano-israélienne du 28 février 2026 contre l’Iran, les trois pays européens les plus importants, l’Allemagne, la Grande Bretagne et la France, ont publié une déclaration commune affirmant que l’Iran «porte la responsabilité première de cette situation».
Non, ce n’est pas un fake.
Il est difficile de faire mieux dans le mensonge grossier, la manipulation vulgaire, l’inversion des rôles la plus perverse. Difficile aussi d’imaginer que les auteurs de tels propos s’adressent à leurs propres concitoyens, qu’ils les considèrent comme des personnes adultes, libres, capables de raison, en mesure de suivre l’actualité et de se faire une opinion.
Pourtant, cette énormité n’est qu’un épisode, plutôt banal, où la démocratie occidentale issue des lumières a produit des falsifications aussi éhontées, érigées plus tard en vérité, en dogmes. Une pratique qui impose, en réaction, à rappeler brutalement une autre vision du monde.
Il est évident que l’Iran n’est pas un agresseur, mais un pays agressé. Mais pas simplement.
L’Iran est réduit à la caricature de «régime des mollahs», formule supposée justifier tous les crimes qu’il subit. Or, en l’état actuel des choses, au sein de l’opinion arabe et musulmane, l’Iran n’est pas perçu comme un pays chiite, ni comme une théocratie. Il est tout simplement vu comme un pays de résistance. Il refuse le sort fait aux Palestiniens, et ne veut pas se soumettre à l’interdiction d’accéder à la science qu’on veut lui imposer.
De même, le Hamas palestinien n’est pas perçu comme un mouvement islamiste ou terroriste, ou comme une branche des frères musulmans. Dans une situation d’occupation, le Hamas a pris une autre nature. C’est un mouvement de résistance, un parmi d’autres, sachant du reste que ces mouvements de résistance palestinienne ont tous été traités de terroristes par les occidentaux, qu’ils soient laïcs comme le Fatah, de gauche comme le FPLP et le FDLP, panarabistes comme le Front de Libération arabe, islamiques comme le Jihad, etc.
La flamme de la résistance
Lakhdar Bouragaa était un ami très proche de Ben Bella, mais il divergeait avec lui sur le congrès de la Soummam. Bouragaa rappelait souvent que le principal résultat de la Soummam, c’était d'avoir entraîné tout le monde, tous les courants, dans la lutte armée, y compris les plus tièdes, pour ne laisser au système colonial aucune force ou couche sociale sur laquelle il puisse s'appuyer.
Dans cette logique, l’échec de Yahia Sinwar, car il y a bien échec, n’est pas d’avoir eu recours à la lutte armée, mais de ne pas voir réussi à rallier les autres courants à l'idée de lutte armée. Qu'il ait réussi à ranimer la flamme de la résistance, y compris à travers ses propres échecs, est un résultat majeur.
C'est dans cet esprit que l'Algérie glorifie El-Mokrani, Cheikh El-Haddad, Bouamama, Fatma N'soumer, Boubaghla, Cheikh Bouziane, le 8 mai 1945 et tous les autres soulèvements antérieurs au 1er Novembre. Même si ces mouvements n'ont pas mis fin au système colonial, et ont même pu parfois déboucher sur des massacres et des crimes de guerre de la part du système colonial, ils constituent des dates phare de l’histoire du pays, car ils ont entretenu la flamme de la résistance.
Connaître le contexte
En temps de paix, dans des pays devenus souverains, l'analyse du fait islamiste change complètement. Mais dans le contexte actuel, avec un Israël devenu État zombie vivant par la guerre et pour la guerre, le danger le plus sérieux ne vient pas de la pensée islamiste, mais de celles de courants de pensée qui veulent délibérément inverser le bien et le mal, l’agresseur et l’agressé, la victime et le coupable.
Ne soyons pas naïfs. C’est une pratique banale des puissants de ce monde à travers l’histoire. Ceux qui sont à l’œuvre aujourd’hui pour justifier l’innommable ont déjà réussi des opérations magistrales à différentes périodes de l’histoire.
Rappelez-vous: le propriétaire d’esclaves était présenté comme un homme civilisé, l’esclave était vu comme un fourbe, un personnage déloyal s’il essayait de mettre fin à son esclavage; il y’a moins d’un siècle, le colon était présenté comme un bon citoyen, par opposition au militant anti-colonial qui assumait le rôle de méchant. Il en était de même pour ceux qui pratiquaient l’apartheid et ceux qui le combattaient.
C’est d’ailleurs un sujet d’étonnement continu: comment les populations de tel pays ont pu croire à tel moment des idées aussi criminelles produites par les élites politiques et économiques du moment? Comment, aux Etats-Unis par exemple, un pays où la morale chrétienne et le mot liberté sont brandis à tout bout de champ, y compris aujourd’hui par Donald Trump, comment, dans ce pays, l’idée que les indiens devaient être dépossédés de leurs terres, parqués dans des ghettos, massacrés, comment une telle idée a pu être élaborée, répandue, appliquée et glorifiée comme une œuvre civilisatrice?
Comment des démocraties où les gens votaient librement ont pu, pendant des décennies, officiellement considérer Nelson Mandela comme un terroriste?
Est-il besoin de parler des Palestiniens? Comment se fait-il qu’un regard occidental soit incapable de regarder des faits, de voir que les Palestiniens ont été chassés de chez eux, que leurs terres ont été prises de force, qu’ils ont été agressés chez eux, pour qu’au final, on les désigne aujourd’hui comme des agresseurs alors qu’ils sont les habitants légitimes de la Palestine ?
Créer un ennemi fictif
Il y’a un siècle, l’Europe était partagée sur l’origine de ses propres problèmes. Selon les courants politiques, elle imputait ses difficultés aux communistes, aux juifs, aux franc-maçons. Les formules «judéo-maçonnique» ou judéo-bolchévique» ont fait fureur, pour déboucher sur des crimes innommables commis par des pays qui se considéraient alors comme le cœur de la civilisation moderne.
Un siècle plus tard, les mêmes courants politiques dans les mêmes espaces géographiques inventent un concept miroir, l’islamo-gauchisme. Le parallèle est frappant dans cette manière d’associer une religion, celle des groupes les plus vulnérables du moment, à un courant politique, celui qui a vocation à s’exprimer au nom des démunis, pour inventer un concept odieux et en faire une orientation politique.
Jouer ainsi avec les mots justifie toutes les monstruosités. Toutes les dérives. Pour déboucher sur une situation incongrue: un journaliste occidental se demande, étonné, pourquoi les chaînes de télévision de son pays donnent la parole à un homme qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité, pourquoi il n’est pas arrêté, ni même inquiété!
Plus grave, la puissance politique et militaire des pays dominants a imposé cette inversion des concepts, et a contraint les sociétés dominées à les subir, parfois à les adopter. Il n’est pas rare par exemple de voir le citoyen d’un pays qui a été colonisé par la Grande Bretagne ou bombardé par les Etats-Unis justifier l’agression américaine contre le Venezuela ou l’Iran, sous prétexte de mauvais régime.
Pourtant, l’histoire des pays qui ont subi l’occupation révèle autre chose. Elle montre qu’il est vital de refuser tous les concepts, toutes les formules que les puissants veulent imposer pour légitimer ou justifier leur barbarie.
Pour un Algérien, un vietnamien, cela paraît évident. L’ordre colonial considérait Ben M’Hidi, Aït-Ahmed et Ben Boulaïd comme des terroristes. Ce même ordre colonial avait érigé Massu, Bigeard et Aussarès comme les bons, Hassiba, Lotfi et Krim comme les méchants.
Oui.
Même la France officielle a honte aujourd’hui de ce qu’elle disait il y’a quelques décennies. Elle est gênée de savoir que Aussarès était son héros, et qu’elle considérait Ben M’Hidi comme un terroriste. Il a fallu plus d’un demi-siècle pour qu’elle arrive à admettre certaines réalités.
Il reste à savoir combien de temps il faudra pour qu’un criminel israélien soit considéré comme tel à Paris et à Washington, qu’un résistant palestinien soit reconnu pour ce qu’il est. Et combien de temps les officiels occidentaux mettront pour reconnaître la légitimité du combat palestinien. L’opinion, elle, a déjà basculé.
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