روسيا وعددًا من الدول الأوروبية ترفص دخول منتجات فلاحية مغربية بسبب احتوائها على مواد مسرطنة
أخبار
2026-04-18

Abed Charef
Le contraste est saisissant. Entre, d’un côté, un Iran méthodique, rationnel, en position de faiblesse dans une guerre asymétrique mais jouant chaque coup avec une précision étonnante et une maîtrise totale; et, de l’autre côté, une superpuissance, les États-Unis d’Amérique, agissant de manière violente, brutale, revendiquant publiquement assassinats et destructions, affichant une arrogance vulgaire, avec des dirigeants disant tout et le contraire de tout, sans qu’il soit possible de connaître leurs projets et leurs objectifs.
Dans ce monde de 2026, pourtant, le monde dit libre hésite encore. Rares sont les pays qui, comme l’Espagne, ont adopté une position cohérente, tranchée. Les autres hésitent encore à choisir entre la victime et le bourreau, entre l’agresseur et l’agressé, certains n’hésitant pas à se ranger du côté de l’agresseur. Ils font tout pour éviter que leur opinion bascule, et n’hésitent pas à imputer à l’agressé la responsabilité de la situation, comme l’ont fait les trois pays européens les plus puissants.
Leur attitude est résumée par un baron de la droite française, ancien ministre et homme très médiatique, Luc Ferry. Ça ne s’invente pas: ce supporter parmi les plus inconditionnels de Donald Trump a dit que celui-ci est «odieux, grossier, vulgaire, narcissique, menteur, il dit des conneries». Mais il a appelé à le soutenir.
Ce serait l’esprit des Lumières!
Post-vérité
Cet incroyable désordre de la pensée déforme tout, y compris la perception du réel. Il fausse l’analyse, perturbe la prise de décision, introduit un doute entre la vérité et le mensonge, entre le Bien et le Mal. On ne sait plus si l’armée iranienne a été totalement anéantie, si elle n’existe plus, vérité proclamée un jour; ni s’il faut croire en la nécessité de poursuivre les attaques jusqu’à ce que cette même armée iranienne ne soit plus en mesure de menacer ses voisins, nouvelle vérité proclamée le lendemain.
Certains pays sont allés si loin dans cette dérive de la pensée que le phénomène est devenu inquiétant. Un des plus emblématiques est la France qui a vécu une évolution remarquée sur un sujet récurrent, le soutien à Israël. L’extrême-droite, historiquement raciste, antisémite, suprémaciste, associée aux pires crimes du genre, a été blanchie. Pendant ce temps, la gauche radicale, dont les références idéologiques et politiques fortement égalitaires constituent l’ADN, a été accusée d’antisémitisme.
N’importe quel analyste ou intellectuel aurait trouvé cela primaire, vulgaire, impossible. Dans les pays occidentaux de 2026, ceci est en train de s’imposer comme une vérité. Ce qui a poussé un intellectuel de renom, Emmanuel Todd, à une mise au point, pour dire que si un climat type seconde guerre mondiale revenait, il ferait plus confiance à des gens d’extrême gauche plutôt qu’à la tendance Rassemblement National.
Polémiques de diversion
Cette confusion a fini par imposer, dans des sociétés riches, opulentes, des polémiques de diversion sur des sujets secondaires pendant que des gens meurent, que des pays sont détruits. Aux Etats-Unis et en France, on polémique par exemple sur le prix de l’essence et son impact sur le pouvoir d’achat. La hausse des prix du carburant relève-t-elle de la responsabilité des compagnies pétrolières qui font des superprofits, ou est-ce juste un résultat direct de la guerre? Faut-il l’imputer à ceux qui ont déclenché la guerre, ou au «régime des mollahs», qui a fermé le détroit d’Hormuz?
Le sujet n’est plus la guerre, les morts, la destruction, les bombardements, les crimes collectifs. Ce n’est plus le droit international, le droit des peuples, la justice. Le sujet, c’est le prix du carburant, avec son impact sur les budgets, sur l’inflation, le pouvoir d’achat, la croissance. Sur les pauvres new-yorkais qui ne peuvent payer leurs créances de fin du mois et sur les habitants des banlieues européennes qui voient leur revenu érodé par un carburant trop cher, qui ne pourront peut-être pas aller en vacances.
On ne souhaite plus la fin de la guerre pour mettre fin aux tueries, aux drames, à l’injustice, mais pour voir le prix du carburant se stabiliser à un niveau raisonnable. Pour éviter une censure du gouvernement ou éviter de perdre une élection à venir.
Inversion des concepts
C’est donc une course effrénée vers la recherche de formules et d’expressions qui permettent d’innocenter les coupables et de culpabiliser les victimes, de semer la confusion entre le colon et le colonisé, entre l’occupant et l’occupé. Comme si le monde avait perdu le bon sens le plus primaire.
L’Iran est présenté comme une menace dangereuse. Combien de guerres l’Iran a lancées sur une période donnée précise, disons le dernier demi-siècle? Aucune.
Israël est présenté comme une victime agissant pour sa survie. Combien d’attaques Israël a subi depuis un demi-siècle? Aucune, à part le 7 octobre où la résistance a voulu exprimer son refus de l’occupation. Combien d’agressions israéliennes contre les pays de la région et contre les palestiniens en un demi-siècle? Des dizaines.
Mais la vérité n’est plus un souci. La loi du plus fort en a décidé autrement. Ce qui a fini par imposer aux plus faibles une autre vérité: il ne suffit pas d’avoir raison, il faut avoir les moyens de l’imposer.
أخبار
2026-04-18
أخبار
2026-04-18
أخبار
2026-04-18
أخبار
2026-04-18
أخبار
2026-04-18
أخبار
2026-04-18