رسالة شكر من البابا ليون الرابع عشر إلى الرئيس عبد المجيد تبون
أخبار
2026-04-15

Abed Charef
Léon XIV serait-il un Pape musulman, vaguement algérien de surcroît? A écouter ce qui se dit et s’écrit dans les milieux catholiques réac, aussi bien aux Etats-Unis qu’en France, à voir la manière dont il a été reçu et le climat dans lequel se déroule la première visite d’un Pape en Algérie, on serait enclin à le croire.
En tout état de cause, Léon XIV a déjà réussi un premier miracle: il est adoubé par une société musulmane, et vivement critiqué par des courants chrétiens très bruyants, même s’il est difficile d’évaluer leur ampleur. Il est attaqué par des cercles chrétiens traditionnels plutôt liés à l’extrême-droite, alors qu’il est plutôt bien vu dans une société algérienne où est supposée dominer une sorte d’islamisation rampante des mœurs.
Le ton avait été donné avant même son arrivée en Algérie, lorsque le Pape a été attaqué par le président américain Donald Trump lui-même. Celui-ci l’a qualifié de «faible» et «néfaste», après que le Pape ait jugé «inacceptable» la menace du président américain de détruire l’Iran. « Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très progressiste, et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité», a déclaré le chef de la Maison Blanche, dans une attaque d’une étonnante légèreté. Pourtant, deux membres éminents de l’équipe Trump, le vice-président JD Vance et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, sont réputés très catholiques.
Le Pape a répondu poliment mais fermement. «Je n’ai pas peur ni de l’administration Trump ni de dire le message de Évangile», a-t-il déclaré, rappelant les fondamentaux de l’Église. « Le message a toujours été le même : promouvoir la paix. Je le dis pour tous les leaders du monde, pas uniquement pour lui (Trump). Nous cherchons toujours à en finir avec les guerres et à promouvoir la paix et la réconciliation ».
Hommage iranien
C’est de la langue de bois papale, mais ça porte, à un moment où le discours guerrier de Donald Trump souffle sur le monde. JD Vance, le catho en chef de l’équipe Trump, qui avait rencontré le Pape il y’a un an, s’est trouvé contraint d’aller à la rescousse de son chef, en appelant le Pape, lui aussi de nationalité américaine, à ne pas se mêler de politique. «Dans certains cas, il vaudrait mieux que le Vatican s'en tienne aux questions morales (...) et laisse le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine », a-t-il dit.
Le Pape, lui, ne tient guère compte de ces discours hostile. Il continue son chemin. C’est qu’il se veut héritier de Saint Augustin, et se proclame homme de paix et de dialogue, hostile à la guerre, recherchant «la réconciliation profonde des cœurs et, à travers elle, la paix véritable». Ce qui lui a d’ailleurs valu les louanges inattendues du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a salué la « position courageuse » du Pape, y ajoutant cet éloge remarqué: « votre leadership est une source d’inspiration pour des millions de personnes, merci pour cette lumière». Le président du Parlement iranien, faut-il le rappeler, présidait la délégation iranienne chargée de négocier avec le vice-président JD Vance au Pakistan.
Le ton juste
D’autre part, le Pape a su trouver le ton juste pour s’adresser au public algérien, lors de ses différentes interventions publiques. Il a rappelé que l’Algérie «a connu la douleur et a traversé des périodes de violence», mais elle a «su surmonter tout cela avec honneur et courage ». « Sur cette terre de rencontre des cultures et des religions, le respect mutuel est la voie qui permet aux peuples de cheminer ensemble », a-t-il dit, louant «l’hospitalité et la fraternité» qu’il a trouvées en Algérie. «Dans le cœur algérien, l’amitié, la confiance, la solidarité ne sont pas simplement des mots, mais des valeurs qui comptent et qui donnent chaleur et solidité à la vie commune»: des mots flatteurs, qui plaisent d’autant plus aux Algériens que le Pape, dans la lignée de Mgr Duval, André Mandouze et les Chaulet, a su se placer aux côtés des «humbles» et des faibles» par opposition aux puissants de ce monde.
Mais un Pape qui devient «source d’inspiration» et de «lumière» pour un mollah, c’en est trop pour la faschosphère. Comme attendu, le discours a évidemment suscité la colère de commentateurs français, qui ont repris le discours classique sur la persécution des chrétiens en Algérie, la fermeture des églises, etc. Un discours sans lien avec le réel, mais assez répandu en France.
A l’opposé, les voix algériennes critiques envers la visite du Pape se sont étonnamment faites discrètes, y compris sur les réseaux sociaux. Traditionnellement, des courants assez présents tentent de lire tout conflit avec la France ou avec l’occident comme une guerre de religion, prolongement des croisades. Ce type de discours a presque disparu à l’occasion de la visite du Pape. Parce que Léon XIV serait musulman, comme le montrent ses voyages à l’étranger dominés par des visites dans des pays musulmans?
Non. Juste parce que l’esprit du message religieux, fait de fraternité, de solidarité, d’égalité, de paix et de dialogue, est le même dans toutes les religions.
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